Il me revient avec le vent du Sud quelques images du passé.
La chaleur de l’après-midi et le bien-être de cette pluie lourde et enivrante d’un orage d’été qui venait de se terminer.
Il était 4 heures et les stores étaient baissés sur un soleil de plomb qui écrasait tout au-dehors. Tout était immobile. Mais quelle saison étions-nous déjà ? L’été ?
Ses vêtements qui tombent au sol.
Mon jean qui touche le carrelage dans le claquement sec de ma boucle de ceinture.
Rien ne presse.
Au-dehors on étouffe alors que nous nous vautrons dans la moiteur de nos deux corps.
C’est l’instant où l’on croit en tout, même en la beauté du monde.
Précisément alors que l’on s’en trouve isolé.
Mes mains la caresse comme son corps le réclame, comme mues par sa propre volonté, et son corps répond au mien jusque dans le moindre frisson. Ainsi viennent les moments où elles ne connaissent pas leur force, où elles n’imaginent pas la puissance de leur souffle au creux de notre oreille. Si elles savaient…
Peau contre peau, bouche contre bouche, nous nous extrayons de ce monde.
Plus rien de matériel ne peut plus nous atteindre.
Un filet de sueur coule dans mon dos, nous allons d’un même mouvement.
Je cherche son plaisir, elle cherche le mien.
Nous l’atteignons ensemble, elle se livre tout entière, abandonnée, alors que je fonds en elle, le cœur fouetté par ses halètements de plaisir.
M-
mardi 28 avril 2009
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